Dernier paysage III (visions du paradis)
Last landscape III (visions of paradise)

 

Après de nombreuses recherches sur la représentation du paradis depuis la Renaissance, j’ai fait le constat que les images actuelles les plus proches de ces codes de représentation sont les visuels de promotion immobilière de luxe. Ces images virtuelles visent à sublimer le bien-être de l’homme, la beauté de la nature et l’harmonie. Elles mettent en scène des lieux paisibles préservés des menaces, représentent des êtres heureux ainsi que des ouvrages à l’esthétique pure et absolue. Ces visuels de synthèse se placent dans une tradition picturale du paradis dans la lignée, par exemple, du jardin des délices de Jérôme Bosch (1504).
Je repeins, d’après ces images visibles sur des sites immobiliers, des projets qui seront construit sur l’arc lémanique, dans des communes considérées comme des paradis fiscaux, dans l’idée de représenter un jardin d’Eden, un pays de Cocagne absolu. En effet, la Suisse, paisible, luxuriante, et neutre (paramètre qui garantit l’absence de menaces) s’impose somme le seul et unique paradis terrestre potentiel, loin devant Dubaï ou les Hamptons.
Ciels trop bleus, gazons verdoyants, végétaux abondants, piscines pleines de reflets, terrasses en tek, mobilier de détente et lignes architecturales héritées du Corbusier sont des éléments toujours omniprésents dans les représentations de ces projets de luxe pour multimillionnaires.
Dans une tradition du paysage lémanique, thème fort de l’histoire de l’art helvétique, (Félix Vallotton, Ferdinand Hodler), je cherche à interroger un lieu faisant partie de mon environnement direct, mais surtout son devenir, qui, selon les images virtuelles que je repeins s’annonce, envers et contre tous les évènements actuels, comme un paradis terrestre, une rédemption.