Lorsque architecture et art dialoguent intimement et en toute liberté, il arrive que s’exacerbent des dissonances fructueuses ou le détournement surprenant d’un concept. Des discussions, d’infimes divergences se glissent alors dans la planification de décisions raisonnables et pragmatiques pour finalement donner place et forme à une pensée hybride. Sébastien Mettraux recherche l’intervention paradoxale dans l’un de ses trois projets pour Assens. En juxtaposant sur une gravure les formes archétypiques de la maison d’habitation, de la niche et du nichoir simplifié sous forme de pictogrammes, il met ces archétypes en concurrence et en question. La pensée sur l’espace est ainsi poussée à changer, tout comme l’espace qu’il déstabilise physiquement au moyen d’un étai dans un autre projet. Une colonne formée de piliers d’acier télescopiques semble s’arc-bouter dans deux directions, comme si plafond et sol n’étaient plus des repères fixes et définis. Une colonne de longueur déterminée soutient une maison pour laquelle haut et bas sont des points d’orientation interchangeables. D’un coup, la dimension fixe s’avère être le segment d’une colonne de longueur infinie, aux dimensions variables.
Hans Rudolf Reust, (2011). ART + ARCHITECTURE (p.6), Catalogue d’exposition, espace culturel d’Assens, mai 2011