Affectionnant le statut de « faussaire » que lui confère la reprise minutieuse de symboles relatifs au contrôle, Sébastien Mettraux cite dans ses linogravures, réalisées et imprimées manuellement dans son atelier, des motifs que l’on trouve déjà multipliés dans notre environnement – ils sont par exemple tirés d vignettes autoroutières –, et qui font directement référence à des moments de vie de l’artiste – Mettraux a notamment travaillé dans une douane.
Ce triptyque reproduit le réseau d’alvéole et l’horizon alpin figurant sur les billets de train édités par les chemins de fer fédéraux, dont les numéros de référence des tickets achetés par l’artiste pour modèles, tirent chaque élément.
Foncièrement irrégulière et imparfaite dans les détails et l’impression, – ce que Mettraux aime et ce qui n’affecte guère l’effet optique obtenu, très efficace, rendant hommage à l’op’art –, cette structure complexe est agrandie et scindée en trois motifs géométriques.
L’artiste ne conçoit pas son travail de gravure comme une transposition de ses recherches dans d’autres médiums, mais ses pratiques partagent parfois les mêmes sujets, comme ici, avec le paysage, tradition à laquelle Mettraux cherche à se rattacher.
Fixé d’avance, le tirage de chaque estampe s’étend néanmoins sur plusieurs années, cela principalement pour des raisons économiques.
Laurence Schmidlin, (2010). In L’art imprimé en Suisse · 2007-2010 (pp. 1, 9, 70-71, 79, 94, 98)
Edition : Musée des beaux-arts, Le Locle / Benteli, Berne, 2010